La traduction juridique : définition et enjeux

La traduction juridique : définition

La traduction juridique implique la traduction de documents de nature juridique d’une langue donnée à une ou plusieurs autres langues. Il s’agit d’un exercice subtil et complexe qui consiste à passer du texte juridique de départ (langage source) au texte juridique d’arrivée (langage cible), tout en préservant une équivalence parfaite du contenu. Toutefois, celle-ci est différente de la traduction scientifique ou même littéraire car le domaine juridique est plus dépendant de la culture des pays.

En prince, la traduction juridique fait appel aux termes et expressions du système juridique propre au pays d’origine du document source et au pays cible de ladite traduction. De ce fait, elle doit être contextualisée aux normes et traditions de ce dernier pour en préserver l’effet.

La nécessité d’une traduction juridique adaptée à l’usage

Le domaine juridique exige une traduction correcte et précise des documents y afférents. A défaut, conséquences lourdes peuvent avoir lieu, telles que :

  • L’annulation ou le retard d’un contrat commercial ;
  • La déformation des contenus d’un écrit judiciaire, ce qui peut résoudre à l’accusation d’un suspect indemne ou encore à l’impunité d’un responsable de crime ou de délit.

En effet, lorsqu’un avocat ou un juge constate l’utilisation inappropriée d’expressions ou de termes dans un texte juridique donné, la fiabilité de la traduction est par conséquent remise en question.

Par ailleurs, les expressions juridiques regorgent de termes très spécifiques qui sont relatifs à une juridiction particulière. Leur traduction implique donc une maitrise approfondie et rigoureuse de la particularité linguistique propre au langage source et au langage cible mais également du système légal afférent à ces derniers. Le tout est encadré par l’objectif final attendu de ladite traduction afin de pouvoir produire un texte « adapté à l’usage ». Il peut s’agir de disposer d’un texte juridiquement contraignant ou encore d’une traduction juridique pour informer le grand public.

Ainsi, connaitre les tenants et les aboutissants des deux langages et des lois en vigueur est d’extrême importance pour rester aligner dans le contexte de la traduction juridique et assurer ainsi une adaptation parfaite du texte d’origine au texte cible.

L’étendue de la traduction juridique

La mondialisation accentue le recours à la traduction juridique. Outre les barrières linguistiques, les différences dans les systèmes juridiques rendent la traduction juridique relativement complexe. Dans ce sens, certains pays prônent un clivage évident entre le droit laïc et le droit religieux, tandis que dans d’autres pays, cette distinction n’est pas clairement identifiée, voire même absente. Ainsi, avant de procéder, il convient d’appréhender ces différences pour ne pas disposer d’une traduction inadaptée au profil légal respectif des deux pays.

La traduction juridique est requise pour utiliser le langage officiel dans la juridiction concernée. Celle-ci couvre en effet une grande variété de textes qui sous-entendent une connotation juridique. Sans être exhaustif, il peut d’agir des :

  • Lois du parlement, nouvelle législation, rapports de cas ;
  • Assignations et jugements requis par un tribunal ;
  • Contrats, licences et autres documents commerciaux ;
  • Dépositions et déclarations de témoins ;
  • Des testaments et fiducies ;
  • Des documents d’immigration et de naturalisation ;
  • Des documents de litiges et contentieux.

La traduction de tels documents se doit d’être effectuée par des spécialistes / experts en la matière. Ces derniers sont censés être en mesure d’adapter le contenu de sorte à ne pas créer des divergences par rapport aux finalités attendues desdits documents.

Les prérequis d’un traducteur juridique

Les professionnels du droit (avocats, juges, procureurs généraux …) disposent d’un « jargon juridique » spécifique à leur métier. Plusieurs expressions y relatives ne peuvent être rencontrées nulle par ailleurs, ou n’ayant une signification spécifique que dans le document juridique. Ce jargon est essentiellement utilisé dans la version imprimée que celle parlée, ce qui incombe aux traducteurs juridiques (plus qu’aux autres professionnels) d’en assurer la conformité. Pour ce faire, ils doivent disposer de :

  • Une maîtrise du langage source et du langage cible ;
  • Une maîtrise de la terminologie juridique des deux systèmes juridiques ;
  • Une expérience solide dans le domaine juridique propre à la spécialité du traducteur ;
  • Une tendance marquée de faire progresser sa propre expertise.

Entre autres, la maîtrise de la terminologie juridique permet au traducteur professionnel de s’adapter de manière créative aux termes juridiques relatifs au texte traduit. Ces termes peuvent ne pas avoir un équivalent immédiat dans le langage cible, voire même une absence d’équivalent. Dans de tel cas, il convient au professionnel de savoir comment contourner les différences posées.

Les régulations relatives à la traduction juridique

La règlementation appliquée aux traducteurs juridiques diffère selon chaque pays. Ainsi, la plupart des juridictions exigent qu’un traducteur soit diplômé en traduction juridique. Il ressort que des pays comme :

  • La Suisse, la France, les Pays-Bas, la Suède et l’Espagne exigent que le traducteur juré prête serment devant le Tribunal pour pouvoir remplir ses missions. Ces derniers suivent des examens réguliers pour s’assurer de leurs bonnes pratiques et de leurs compétences ;
  • Le Royaume-Uni et les Etats-Unis sont très stricts quant à l’accréditation des traducteurs juridiques. Les prestataires de services linguistiques conviennent de fournir des certificats d’exactitude à la demande des clients ;
  • ’Argentine et le Brésil requièrent que les traducteurs soient certifiés par l’Etat ;
  • Enfin, l’Italie exige que les textes juridiques soient certifiés et notariés par un professionnel du droit.

La traduction certifiée est exercée par un expert traducteur, mandaté par l’Etat. Par ailleurs, une traduction assermentée (ou jurée) est également exercée par un expert, à condition qu’il ait prêté serment lors de sa nomination pour attester l’authenticité, l’exactitude et la conformité de ses prestations.

En définitive, la traduction juridique est un travail qui demande rigueur et précision. Elle mobilise un esprit d’analyse et de recherche en droit comparé. Le droit est en effet un domaine assez large qui se décline en plusieurs spécialités notamment le droit civil, le droit commercial ainsi que le droit international.

Pour parvenir à une traduction fiable et conforme, le traducteur juridique se doit de maîtriser ces disciplines ainsi que de disposer de fortes connaissances linguistiques relevant du périmètre de son intervention.